Nous voici quelque part sur la trame symbolique du monde, à la croisée des chemins, pour y faire une petite incursion dans un futur très incertain. J’ai choisi, en guise de lieu propice à explorer le champ des possibles, de m’ancrer sur le seul repère tangible qui s’y trouve. Un ponton fait de bois dont l’avancée me permet de côtoyer d’un peu plus près l’œil de la terre, un lac aux mille secrets. Face à moi une étendue sauvage d’où peuvent surgir des légendes souterraines improbables ; tout autour une nuit noire dont les tourments se manifestent d’ores et déjà sous forme de rafales quelque peu cinglantes.

A quelques pas de là, un tournant majeur dans l’histoire de notre société ou l’aboutissement d’un long processus de digestion des bases et donc des lois universelles sur lesquelles repose le système. Mais aussi les prémisses d’un autre aboutissement à venir, pour une partie d’entre nous, du long processus neptunien d’ouverture à d’autres dimensions ou niveaux de conscience. Ce serait alors l’éveil ou l’émergence imminente de véritables guides.

Neptune c’est l’image, les symboles. Ils s’intègrent ou raisonnent en nous sous toutes leurs formes, nous parlent à un niveau qui nous échappe. Voyez comme nous sommes agis par leur pouvoir. Ils sont aussi puissants qu’une voix qu’on ne peut entendre mais qui parvient pourtant à nous guider. Dans quelle direction nous oriente-t-elle ?

Où allons-nous ? J’ai l’impression parfois d’être piégée dans une masse hypnotisée, dispersée dans ses multiples sources d’évasion.

Pour ceux qui parviennent encore à lever la tête de temps à autre, on y pense encore un peu et puis on oublie en faisant comme les autres.

Comment nous en blâmer ?

Neptune fera sa première incursion en Bélier au cours du printemps et de l’été 2025. Saturne entrera en parfaite conjonction avec Neptune le 20 février 2026 à 0 degrés 44 du Bélier. Un soulèvement de parti, de foi aussi peut violemment nous ébranler. Cela d’autant plus que la nécessité de cesser toute compromission pour être plus offensif, affirmée dans ses positions, se joue en trame de fond durant toute l’année 2024. C’est aussi le soulèvement de la pauvreté, la nécessité de trouver un vecteur.

Une autre alliance de taille se prépare. Le deuxième passage de Pluton en Verseau de janvier à septembre puis son entrée définitive dans ce même signe en novembre 2024 ne sont pas forcément de bon augure dans le climat actuel. Mars entamera un nouveau cycle avec Pluton le 14 février 2024 en Verseau pour une durée d’environ deux ans. Quant à Uranus il forme tranquillement une alliance avec Pluton depuis l’été 2023 pour se manifester de manière concrète à partir de l’été 2025 ; période qui marquera l’entrée d’Uranus dans le signe des Gémeaux après sept années passées dans le signe du Taureau. La liberté d’expression, la communication en général sera très probablement touchée par ce trigone d’air. Cela peut se traduire, entre autres exemples possibles, par une panne mondiale du réseau internet et donc une suppression radicale de l’outil qui nous permet d’exercer notre liberté d’expression.

Ce dont on peut être assuré c’est que ça supposera un certain radicalisme qui ne permet aucunement de prendre en compte la dimension du cœur. Les énergies en jeu indiquent clairement que nous irons ensemble vers ce nouveau monde et que personne ne pourra s’y opposer.

Certains disent que tout dépend de ce que l’on fera de l’énergie neptunienne, effectivement. Il faudrait un miracle pour qu’une vague spirituelle encore plus puissante que la vague chrétienne déferle sur l’humanité. Je crois au miracle, il serait d’ailleurs probablement salutaire pour tous aujourd’hui de croire au miracle. Mais si le miracle, l’improbable, ne se produisait pas alors pauvres de nous. Je crois qu’on va encore se faire très mal.

C’est à chaque fois le même schéma qui se répète. Au moment où l’on a été tenté par le pouvoir d’accéder à l’immortalité (Pluton), au moment où nous avons pour ce faire franchi certaines limites (Saturne), la mémoire nous a une fois de plus fait défaut (Neptune ). Il y a d’ailleurs aujourd’hui une explosion des cas de maladie d’Alzheimer et autres démences à des âges relativement précoces.

Des civilisations ont pourtant disparu pour avoir dévié, les peuples ont subi les pires atrocités tout au long de l’histoire. C’est un fait connu de tous. Chaque fois que nous sommes confrontés à des limites nous nous infligeons des châtiments en nous opposants, en nous affrontant, en nous détruisant avec une violence parfois extrême. 

La dernière fois que Pluton est entré dans le Verseau ce fut le 1er décembre de l’année 1778.

Au cours de ce mois, le 10 décembre, John Jay est nommé président du congrès continental et donc premier secrétaire d’état. Ce fut pour lui, à trente-trois ans, la première marche d’une ascension qui le mènera onze ans plus tard, le 19 octobre 1789, au poste de juge en chef et donc de présidant de la cour suprême des Etats Unis. Il fut dès lors à l’origine du onzième amendement pour avoir cherché à affirmer l’autorité du gouvernement central sur les états individuels. Très jeune il militait déjà pour faire du pouvoir central une puissance devenue par la suite mondiale. Plus tard, il tentera d’interdire aux catholiques la possibilité d’occuper des fonctions politiques.

Toujours au cours de ce mois de décembre, les Français sont battus à Sainte Lucie par les britanniques. Tirant son nom de Lucie de Syracuse, cette île est le seul état au monde à porter le nom d’une femme. Bien que ce premier point soit à l’évidence non négligeable, je ne saurais dire le pourquoi. Sainte Lucie ou la grande persécution de l’église catholique au début du quatrième siècle sous le règne de la tétrarchie dioclétienne. Pour la petite histoire, quatre empereurs prirent en l’an 303 une série d’édits révoquant certains droits des chrétiens en leur imposant de se conformer aux pratiques religieuses traditionnelles sous peine d’emprisonnement et d’exécution.

L’entrée de Pluton en Verseau évoque aussi, depuis un autre angle de vue, la montée en puissance d’une intelligence déshumanisée sur l’univers virtuel. Nous pensons tous dans un coin de notre tête au fait que l’intelligence artificielle commence à prendre place dans notre quotidien. D’abord nous banalisons, minimisons, puis vient la phase d’étonnement pour en arriver au questionnement. On en parle mais on croit encore en notre toute puissance face à l’adversité. La phase de sidération n’est qu’à quelques enjambées de là. 

L’IA est créée depuis le mental supérieur de l’homme et remplie du mental inférieur de l’homme. Cette intelligence assimile le monde extérieur de la manière dont nous l’avons assimilé. Elaborer, voir depuis d’autres angles de vue et d’autres niveaux de conscience, je dirais, à tort peut-être, que peu s’y essaient.

Onze ans après l’entrée de Pluton en Verseau la révolution française éclate, la bourgeoisie renverse la noblesse en utilisant la force du lien, la fraternité. Peut-être le peuple devrait, aujourd’hui et dans les années à venir, toujours s’assurer de ne pas être utilisé dans sa révolte ? 

Il y aura de toute façon une mauvaise utilisation du pouvoir plutonien dans cette transition. Chacun le sait, il suffit de voir combien le monde souterrain est investi aujourd’hui. Nous pourrions presque dire que nous y vivons la plupart du temps en immersion totale. Quant à Neptune il en a égaré plus d’un dans sa vastitude.

Neptune peut guider autant qu’il peut égarer, Pluton peut transformer autant qu’il peut détruire. Tout est question de choix. Qu’il soit individuel, fraternel ou collectif, tout est question de choix. Il suffit donc d’observer quels choix l’homme a fait pour percevoir au loin la vision d’un futur qui se rapproche à grands pas. Je sens, vous sentez le climat, l’ambiance actuelle. Un monde devient ancien pendant qu’un nouveau monde émerge.

2020 fut une année de transition assez brutale. La grande majorité d’entre nous y a perdu sa quiétude. La privation des libertés individuelles, le vaccin, les guerres, la crise des ressources, la désescalade climatique, l’impunité officialisée des puissances de ce monde. Car oui, c’est officiel. Il y a bel et bien les puissants et les martyrs.

Je cite le vaccin en tant que source d’angoisse car durant toute cette campagne de vaccination nous avons été confrontés à une contradiction lourde de conséquences à son sujet. Plusieurs voix censées incarner la parole juste nous contraignaient à la vaccination, sous peine de sanctions, pour nous protéger d’un virus mortel. D’autres voix nous disaient que le vaccin était dangereux pour le corps à bien des niveaux. La contradiction, tout bon psychiatre le sait, peut rendre fou. Tout comme condamner des individus à s’injecter un produit à la fois douteux et durable dans le sang. Comment négocier avec cette présence en soi autrement qu’en fermant les yeux ?

A mesure que nous entrons dans ce nouveau monde le malaise général se répand, gagne en intensité, en pesanteur. On le ressent partout, au travail notamment. Peut-être finirons-nous par créer des services ambiance dans les entreprises avec un directeur de service, une cheffe de projet et une main, l’animateur. Et nous continuerons ainsi de faire preuve de créativité dans l’art de remédier aux tensions que nous générons.

Pour autant beaucoup souffrent psychologiquement car c’est un travail d’assimilation énergivore. Nous reprenons contact avec la réalité de ce qui n’a jamais cessé d’être.

Notre condition d’esclave nous apparait de manière fracassante quand le rêve de liberté, mais surtout de toute puissance qu’on nous a vendu s’avère n’avoir jamais eu pour vocation de devenir une réalité concrète. Dans le fond chaque être est dans un corps mortel, muni d’une identité sociale provisoire ; il est dès sa naissance conditionnable, sensible à l’emprise, au plaisir, au vice et surtout à la souffrance.

Et personne, je dis bien personne, ne peut échapper à sa souffrance. C’est ainsi et ce n’est pas voie facile que de l’emprunter en toute conscience. Accepter de porter sa croix sans se résigner équivaut pourtant à relever la tête. Cesser de croire à l’illusoire possibilité de jouir sans limite aucune, se reconnecter à la magie du monde, voir la cohérence entre les différents niveaux de conscience et les différents degrés de manifestation dans la matière, oblige à être digne de ce qui, finalement, ne cessera jamais de nous échapper.

Jusqu’à lors nous portions notre croix en braves utopistes que nous étions. On croyait pouvoir atteindre le septième ciel, le rêve américain, la toute-puissance, cela nous donnait une telle force de propulsion. Désormais où trouverons-nous la force pour porter notre croix ? A quoi bon en fait ? Si le passé disparaît et que les perspectives d’avenir s’amenuisent, que se passe-t-il ? Et bien je dirais que dans ce cas le principe de réalité fracasse avec une certaine implacabilité ce qui nous a toujours tenu en laisse, l’espoir.

Et je pense aux jeunes dans cette transition que nous vivons. A ceux qui osent quitter leurs écrans pour se poser les bonnes questions ; car de quelle manière pouvons-nous aujourd’hui envisager l’avenir quand on a vingt ans ? Ma génération était désenchantée mais elle croyait encore possible de s’arracher sa liberté pour s’extraire du système par des biais alternatifs. Aujourd’hui il n’y a plus de rêve inaccessible, tout est tellement bien ficelé qu’aucune perspective d’émancipation autre que l’argent ne se révèle clairement. Comment leur dire que tout cela fait partie du long processus d’évolution de l’homme et que nous ne sommes en aucun cas des victimes ? Comment expliquer ça à un jeune de vingt ans ?

Peut-être devrions-nous savoir lui montrer la part lumineuse de la transition en cours ? Cela s’adresse à toutes celles et ceux qui représentent ou incarnent un repère pour l’autre ou d’autres. Avons-nous trouvé la bonne posture pour aborder le changement en cours ? Avons-nous amorcé puis conscientisé le processus de transformation intérieure qu’il reflète ou maintenons nous des résistances ? Restons-nous accrochés à la rampe ou avons-nous lâcher-prise ?

Nous explorerons ces questions au cours d’articles à venir en abordant des sujets tels que le contrôle du mental ou l’illusoire omniscience du mental, l’emprise, la déshumanisation du lien à l’autre et donc la manière dont on assimile le monde extérieur. Vivons-nous cette transition sur un mode archaïque ou est-ce dans une recherche d’équilibre, d’harmonie, de frugalité ? Que voyons-nous du monde souterrain dans lequel l’humanité est désormais immergée ?

Est-ce la survie à tout prix ou est-ce la dignité avant tout ? Et qu’est-ce que la dignité au fond ? Il ne sera pas question de se blâmer ou de porter quelque jugement que ce soit sur ce que nous voyons de nous. La bienveillance est requise. Il s’agit simplement de voir et de s’émouvoir, puis de porter et de maintenir notre attention sur ce qu’on a vu aussi souvent que faire se peut. Se voir depuis un autre niveau de perception, là où certaines forces sont à l’œuvre pendant que nous dormons. C’est parfois très surprenant mais oh combien fondateur. 

A bientôt donc pour prolonger l’expérience ensemble !

N’hésitez pas à enrichir la liste des sujets à aborder dans les commentaires.
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